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09/03/2012

Appel de la Convention des gaullistes sociaux, que préside Jean Charbonnel, ancien ministre du Général de Gaulle et de Georges Pompidou, en faveur de la candidature de Nicolas Sarkozy

À chaque élection présidentielle, le souvenir du général de Gaulle ressurgit dans le débat public et nombre de candidats, y compris dans les partis qui avaient, en leur temps, le plus vivement  combattu le gaullisme, se réclament peu ou prou de son héritage. Pour nous qui avons toujours défendu l’actualité de cette démarche politique et, en particulier, sa dimension sociale, ce constat ne peut que nous réjouir. Il montre qu’elle est plus qu’une simple nostalgie ou une référence académique, mais qu’elle reste bien vivante dans l’esprit des Français et que ses principes fondateurs peuvent continuer à irriguer la vie démocratique. Mesurés à cette aune, tous les candidats pourtant ne se valent pas : parmi ceux susceptibles de l’emporter, Nicolas Sarkozy est le seul - en dépit du combat courageux de quelques autres - qui peut réellement défendre nos valeurs, qu’invoque parfois, pour copie conforme, son concurrent socialiste.

Notre prise de position vaut, d’abord, pour cette part essentielle du message gaullien qu’est la défense des institutions. Nous souhaitons que leur mise en œuvre soit désormais moins présidentialiste, ce qui devrait permettre au gouvernement d’assurer toutes ses tâches constitutionnelles. Nous refusons la perspective d’une « VIe République » qui ne serait qu’un rapetassage de la IVe, comme l’accord intervenu entre le PS et les Verts en a donné un triste avant-goût. Nous approuvons le recours accru au référendum, que préconise le Président de la République, parce qu’il nous semble aller dans le sens d’une plus forte participation des citoyens à leur destin, à condition toutefois que les questions posées soient de celles qui engagent pleinement l’avenir du pays. Nous ne sommes pas favorables à l’ajout d’une « dose » même limitée de proportionnelle aux élections législatives, qui priverait les Français d’un lien direct avec leurs élus. Ni de l’extension du droit de vote aux étrangers pour les élections locales, qui déconnecterait la citoyenneté de la nationalité, alors qu’il faut rendre à notre pays et à ceux qui souhaitent s’y agréger l’amour de la patrie commune.

Notre prise de position est également claire en matière économique et sociale. La priorité doit être, à nos yeux, le rétablissement des finances publiques, comme ce fut fait en 1958. L’ampleur de la dette et des déficits publics a, certes, des effets économiques et sociaux déplorables, mais elle pose aussi de graves problèmes politiques parce qu’elle affaiblit la situation de la France en Europe et menace son indépendance dans le monde puisque l’on n’est pas vraiment libre quand on se trouve entre les mains de ses créanciers. Or, sur ce point comme sur d’autres, le projet du candidat socialiste, qui prévoit de nouvelles dépenses artificiellement financées, demeure flou tandis que celui de Nicolas Sarkozy, appuyé sur les réformes significatives déjà entreprises, apparaît plus honnête.

Pour autant, ce retour aux grands équilibres, s’il est nécessaire, n’est pas suffisant : il n’est qu’un préalable à un développement volontariste, qui doit passer par un retour à une véritable politique industrielle, à la revalorisation de l’investissement public et à une vision prospective prenant la forme d’une planification rénovée capable de mobiliser et d’engager l’avenir. Nous défendons fermement la filière électronucléaire française, garant de notre indépendance énergétique et la seule à même d’éviter la pollution des gaz à effet de serre. Ce qui nous conduit à stigmatiser l’attitude du candidat socialiste qui, dans un curieux jeu de bonneteau, échange des circonscriptions électorales contre des centrales électriques. Mais nous sommes également convaincus que la poursuite de notre politique nucléaire passe par le rétablissement d’un acteur public fort et intégré.

Mais surtout, pour nous, la question sociale est déterminante. Nous ne donnons pas ici un blanc-seing au candidat Sarkozy. Des erreurs ont été faites au début du mandat qui ont mis en cause la justice fiscale. Toutefois, au cœur d’une crise mondiale d’une gravité inédite, l’essentiel de la protection sociale a été préservé. A la différence de certains pays voisins, parfois à direction socialiste, il n’y pas eu en France de baisses de salaires ou de prestations. La réforme des retraites, entreprise à l’automne 2010 par le gouvernement de François Fillon, assure, à moyen terme au moins, la pérennité de nos régimes. La revalorisation du travail, voulue par Nicolas Sarkozy, est indispensable, mais elle passe nécessairement par la revalorisation du travailleur au sein de l’entreprise. Le débat sur le partage de la valeur ajoutée, esquissé en 2009 et trop vite abandonné, doit être relancé, ainsi que la participation ouvrière à l’actionnariat et à la gouvernance de l’entreprise.
Nous savons gré à Nicolas Sarkozy d’aborder avec prudence l’ensemble des problèmes qui concernent la condition humaine et la vie de la famille : la recherche systématique du changement n’est pas toujours un progrès.
Sur la politique étrangère enfin, Nicolas Sarkozy a évolué et on doit lui en donner acte. Malgré le très regrettable retour au sein du commandement intégré de l’OTAN, ses dernières initiatives qui visent à restaurer une parole indépendante de la France et soutenir les aspirations de peuples épris de liberté se situent plus nettement dans la filiation gaulliste. Nous nous félicitons également que pour résoudre la crise européenne actuelle, le Président de la République ait recherché le dialogue direct entre les nations, par-delà des institutions d’inspiration fédérale, dont l’impuissance est à l’occasion apparue au grand jour. Forts de ce retour de la France en Europe, il est urgent que nous fassions respecter le statut de la langue française au sein des institutions européennes. Plus généralement, notre diplomatie doit porter plus d’attention au sort des peuples francophones dans le monde.

L’élection présidentielle est un moment capital du débat démocratique. Elle est, pour nous gaullistes, encore davantage : la rencontre, que nous avons voulue, entre un homme et la nation. Nous avons donc le devoir impérieux d’exprimer, dans ce grand débat, nos préférences : devant l’irréalisme irresponsable des candidats d’extrême gauche et d’extrême droite ; devant les incertitudes du candidat socialiste pris dans les multiples contradictions de son double langage ; devant l’inconsistance du candidat dit du centre, nous appelons à voter, dès le premier tour, pour le candidat de la majorité sortante, pour Nicolas Sarkozy. Nous espérons ainsi participer, au-delà de l’union des droites, au rassemblement populaire qui s’impose aujourd’hui à la France.

Publié dans Communiqués | 08:44 | Lien permanent | Commentaires (0)

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